Je copie des proverbes latins.
Ça m'amuse.
J'écris mal, la plupart du temps. Parfois, je regarde les choses que j'écris - je les trouve laides. Physiquement laides. Je les sens laides. Je fais l'expérience physique de la laideur. Je me répète plusieurs fois. Ça ne me dérange pas vraiment. Ce sont des choses qui arrivent, mal écrire.
Les phrases toutes faites, ce sont des souliers laids et inconfortables. Je me demande si cette phrase est de moi. J'écris surtout des phrases qui sont déjà faites. J'aimerais mieux écrire des phrases qui ne sont pas faites. En fait, j'aimerais mieux qu'elles soient faites à moitié. J'écris quand les gens écrivent, généralement. "Écrire, j'ai envie de faire ça". Je me dis ça. C'est comme une sorte de camaraderie à sens unique. C'est un peu comme un malaise dans le sens contraire.
J'aime bien mal m'exprimer, et j'aime le faire avec concision. Je pense que c'est un talent que j'ai réussi à développer. Comme un drame d'horreur kitsch. Je trouve que l'italique est un gage d'intelligence. Je n'aime pas tant Kundera, pourtant. J'aime les blancs. J'aimerais un jour écrire le vide sémantique. Lorsqu'on m'a dit que ça n'existait pas, j'ai trouvé que c'était paradoxal. J'étais surtout fâché. "Tout signifie" est une phrase paradoxale, si on considère que "signifier" est transitif. Mais pas dans ce cas-là. Je pourrais passer ma vie à rendre le verbe "signifier" uniquement et irrévocablement transitif. Ce serait une occupation qui me conviendrait. Je n'ai pas besoin de savoir comment le faire. Je voudrais seulement le faire.
L'ennui est étymologiquement une sécrétion de la haine. Je suis vraiment heureux de le savoir. Écrire le malaise. L'ennui, c'est malaisant. Pas des grands malaises qu'on voit en spectacle, en se disant : "On va voir un malaise, fais garder les petits". Après on discute du malaise. "J'étais mal à l'aise". Puis on rit. On a vécu de la profondeur esthétique. On a institutionnalisé le malaise. Je pensais à ça aujourd'hui. Non, sans déconner. J'y pense même en ce moment. C'est vrai. Ça a déjà été pensé. C'est un lieu commun.
Découvre avec moi l'écriture malaisante, mais pas trop. Pataugeons ensemble dans les limites du banal.
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2013/02/06
2011/10/15
Le gars et le concept (20 février 2011)
Le gars reste dans un 1½.
Il utilise le présent de l'indicatif, parce que ça fait contemporain.
Il est postmoderne comme le passé simple, de mauvais goût comme la cohésion temporelle.
-De mauvais goût-
Il a la chemise grise de son grand-père et fait des mises en contexte.
Quatre paragraphes, écrits chaque jour, pour remettre tout à demain. Dehors les nuages font des spirales déplaisantes. Il rêve à des filles mises en abîmes. Il aime beaucoup les abîmes.
Un jour se divise en quatre fois six heures, ça fait 666-6. C'est diabolique comme Arlette Cousture.
6 heures pour oublier
6 heures pour dormir
6 heures pour exister
6 heures pour en revenir.
Des fois le gars se dit : "Faut que ça soit en latin, le latin, c'est bien. C'est une question atemporelle, ce que je serai demain, c'est bien pour ça, le latin. Ça permet de dire des choses. Ça tranche avec le propos, des songes, du verre brisé, de la mémoire plate. Si vis confutuere, para dextra. C'est calqué, et dextra est peut-être même pas à l'ablatif. C'est faux, mais c'est ça, c'est du remâché, après tout."
C'est du remâché, parce que c'est ça que le gars fait dans son 1½, il se remâche.
Il utilise le présent de l'indicatif, parce que ça fait contemporain.
Il est postmoderne comme le passé simple, de mauvais goût comme la cohésion temporelle.
-De mauvais goût-
Il a la chemise grise de son grand-père et fait des mises en contexte.
Quatre paragraphes, écrits chaque jour, pour remettre tout à demain. Dehors les nuages font des spirales déplaisantes. Il rêve à des filles mises en abîmes. Il aime beaucoup les abîmes.
Un jour se divise en quatre fois six heures, ça fait 666-6. C'est diabolique comme Arlette Cousture.
6 heures pour oublier
6 heures pour dormir
6 heures pour exister
6 heures pour en revenir.
Des fois le gars se dit : "Faut que ça soit en latin, le latin, c'est bien. C'est une question atemporelle, ce que je serai demain, c'est bien pour ça, le latin. Ça permet de dire des choses. Ça tranche avec le propos, des songes, du verre brisé, de la mémoire plate. Si vis confutuere, para dextra. C'est calqué, et dextra est peut-être même pas à l'ablatif. C'est faux, mais c'est ça, c'est du remâché, après tout."
C'est du remâché, parce que c'est ça que le gars fait dans son 1½, il se remâche.
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