Cette semaine, l'Institut économique d'une pseudo-Métropole entreprend d'investiguer l'économie narrative de la mémoire sociale chez les clients du niveau maternelle.
L'I.E.M. est déjà connu pour nombre de ses travaux sur l'économie narrative, notamment ceux portant sur le récit de fin de vie des adhérents de l'Union des sosies d'Arlette Cousture, dont nous parlerons dans cet avenir qui appartient aux gens qui se lèvent à des heures raisonnables. L'étude qui nous intéresse a été réalisée dans les normes d'une méthodologie qui n'a pas pris le soin de se divulguer elle-même, étant donné sa propriété d'être-concept.
Les élèves de la classe de maternelle 002 de Madame Linda livrent des témoignages poignants sur leur condition d'apprenant dans une société qui se veut de plus en plus sociale. La faute est à des gouvernements qui nous concernent, selon une secrétaire de l'Institut qui était en vacances lors des entrevues faites à l'École du Rapt de Salomée.
Nous utilisons des noms fictifs pour protéger l'identité de ces jeunes consommateurs de l'économie du savoir.
À la question "Quel part du récit de vos souvenirs accordez-vous à la description d'objets foncés", la petite Rubéole exprime ses inquiétudes :
"Quand est-ce qu'on zoue le zeu que m'avait promis?"
Une stagiaire avec des cheveux commente les résultats de l'échange : "C'est une énonciation franche, à bride abattue, nous vivons un grand moment de communication."
Ému, le directeur de l'Institut a pleuré plusieurs fois pendant la récréation.
Découvre avec moi l'écriture malaisante, mais pas trop. Pataugeons ensemble dans les limites du banal.
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2013/02/07
L'ennui et les palourdes
Dans les jours qui suivront, à quelques années près, la peu probable rédaction d'une missive enflammée dans un Journal dont nous tairons le nom, Arlette Cousture publiera une plaquette aux édtions ACV.
L'ouvrage, pour l'instant intitulé Palourdes et jugement critique : pistes pour l'élaboration d'une critique de la Kritik der Urteilskraft, abordera les grandes questions de la philosophie des Lumières sous l'angle de l'expérience des fruits de mers en tant qu'objets extérieurs à la raison humaine.
L'oeuvre fragmentaire sera divisée en plusieurs fragments, eux-même fragmentés suivant la formule mathématique de la fragmentation du spectre lumineux. Ce faisant, l'auteure revendique son appartenance à la postmodernité. Dans une entrevue imaginaire donnée au Journal, elle défend ainsi ce qu'elle appelle "une poétique qui met l'accent sur le message" : "Je revendique mon appartenance à la postmodernité." Aux critiques véhémentes que lui ont adressées des détracteurs anonymes, elle répond : " Ces gens sont couverts de boue. On parle, dans plusieurs livres que je lirai peut-être, de la postmodernité, tant et si bien que cela se peut seulement que ça existe dans les choses qui sont reconnues exister".
Lorsque le journaliste, dont nous tairons le nom puisque nous ne le connaissons pas, lui demande de citer les fonctions du langage de Jakobson, Cousture rétorque : "Si je vous disais que Jacques avait en sa possessivité six brebis, vous me croiriez. Mais si je vous dis, de manière consistante, qu'il en avait non pas six, mais plutôt sept, l'histoire serait autre que celle qu'elle est." Lorsqu'on lui demande quelle est la septième fonction du langage, Cousture renvoie à la célèbre analogie de Crayfish-Heidegger en agitant de manière circulaire une pelle en hypertexte.
Voici maintenant un extrait du livre en état de décomposition :
Pour commander de manière éventuelle cet ouvrage révolutionnaire (au sens de Révolution française), veuillez composer plusieurs numéros.
L'ouvrage, pour l'instant intitulé Palourdes et jugement critique : pistes pour l'élaboration d'une critique de la Kritik der Urteilskraft, abordera les grandes questions de la philosophie des Lumières sous l'angle de l'expérience des fruits de mers en tant qu'objets extérieurs à la raison humaine.
L'oeuvre fragmentaire sera divisée en plusieurs fragments, eux-même fragmentés suivant la formule mathématique de la fragmentation du spectre lumineux. Ce faisant, l'auteure revendique son appartenance à la postmodernité. Dans une entrevue imaginaire donnée au Journal, elle défend ainsi ce qu'elle appelle "une poétique qui met l'accent sur le message" : "Je revendique mon appartenance à la postmodernité." Aux critiques véhémentes que lui ont adressées des détracteurs anonymes, elle répond : " Ces gens sont couverts de boue. On parle, dans plusieurs livres que je lirai peut-être, de la postmodernité, tant et si bien que cela se peut seulement que ça existe dans les choses qui sont reconnues exister".
Lorsque le journaliste, dont nous tairons le nom puisque nous ne le connaissons pas, lui demande de citer les fonctions du langage de Jakobson, Cousture rétorque : "Si je vous disais que Jacques avait en sa possessivité six brebis, vous me croiriez. Mais si je vous dis, de manière consistante, qu'il en avait non pas six, mais plutôt sept, l'histoire serait autre que celle qu'elle est." Lorsqu'on lui demande quelle est la septième fonction du langage, Cousture renvoie à la célèbre analogie de Crayfish-Heidegger en agitant de manière circulaire une pelle en hypertexte.
Voici maintenant un extrait du livre en état de décomposition :
Palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes palourdes.
Pour commander de manière éventuelle cet ouvrage révolutionnaire (au sens de Révolution française), veuillez composer plusieurs numéros.
2013/02/06
Esthétique de l'ennui - I
"L'ennui est pluricellulaire, au sens de sa vérité épistémologique." est un énoncé ennuyant.
L'ennui, comme entité structurante du discours, n'est pas exploré à l'envi par Barthes dans ses Mythologies.
Par contre, il est théorisé dans l'oeuvre in vivo qui se déroule dans le maintenant de la temporalité, Ma maîtrise sur Wikipédia, dans le chapitre "Des manières de dire de la marde en faisant croire que vous voulez faire croire que vous êtes une personne intelligente alors que vous voulez explicitement faire croire que vous voulez faire croire à votre intelligence". On y discute le procès rhétorique de l'ennui, dans des situations comme
- Tuer le plaisir des enfants.
- Rudoyer de malaise ses collègues.
- Autre chose aussi.
L'ennui n'est pas un chemin qui conduit à quelque rate que ce soit, serait-ce celle de Baudelaire lui-même. Penser l'ennui en tant que phénomène ayant une fin serait bien mal avisé, et surtout complètement contraire au sens que lui a prêté Todorov dans ce Livre que Todorov n'a jamais écrit paru aux éditions ACV (Arlette Cousture Vaginite). L'ennui, comme mode de rapport à une pratique physique, n'a de but que l'ennui lui-même. Si "je veux chasser l'ennui" en "me masturbant" ou en "jouant à un jeu vidéo", ce n'est pas l'ennui qui, d'un coup, se transforme en motivation. La motivation existe déjà dans la volonté de chasser l'ennui. Voici d'ailleurs un graphique qui exprime bien la circularité de l'ennui. Avancer que l'ennui est une puissance créatrice est insoutenable sur le plan logique en plus de désavouer le déjà célèbre graphique de l'ennui.
Prenons un énoncé ennuyant, tiré du court récit "L'ennui et le printemps", publié en 2011 sur ce blogue.
L'ennui se manifeste aussi dans l’anacoluthe ; j'entends ici la trope, sous une forme directe ou filée. Étendue sur la durée, par exemple, d'un paragraphe, une anacoluthe filée a pour effet sur le lecteur de créer des questionnements comme "Quand en viendra-t-on à l'énoncé préalablement cité?". L'esthétique de l'ennui concerne donc tant la poétique du texte que sa réception. Enfin, l'ennui fait constamment référence à lui-même. Nous en discuterons une prochaine fois, c'est-à-dire sûrement jamais.
L'ennui, comme entité structurante du discours, n'est pas exploré à l'envi par Barthes dans ses Mythologies.
Par contre, il est théorisé dans l'oeuvre in vivo qui se déroule dans le maintenant de la temporalité, Ma maîtrise sur Wikipédia, dans le chapitre "Des manières de dire de la marde en faisant croire que vous voulez faire croire que vous êtes une personne intelligente alors que vous voulez explicitement faire croire que vous voulez faire croire à votre intelligence". On y discute le procès rhétorique de l'ennui, dans des situations comme
- Tuer le plaisir des enfants.
- Rudoyer de malaise ses collègues.
- Autre chose aussi.
L'ennui n'est pas un chemin qui conduit à quelque rate que ce soit, serait-ce celle de Baudelaire lui-même. Penser l'ennui en tant que phénomène ayant une fin serait bien mal avisé, et surtout complètement contraire au sens que lui a prêté Todorov dans ce Livre que Todorov n'a jamais écrit paru aux éditions ACV (Arlette Cousture Vaginite). L'ennui, comme mode de rapport à une pratique physique, n'a de but que l'ennui lui-même. Si "je veux chasser l'ennui" en "me masturbant" ou en "jouant à un jeu vidéo", ce n'est pas l'ennui qui, d'un coup, se transforme en motivation. La motivation existe déjà dans la volonté de chasser l'ennui. Voici d'ailleurs un graphique qui exprime bien la circularité de l'ennui. Avancer que l'ennui est une puissance créatrice est insoutenable sur le plan logique en plus de désavouer le déjà célèbre graphique de l'ennui.
Prenons un énoncé ennuyant, tiré du court récit "L'ennui et le printemps", publié en 2011 sur ce blogue.
Puis, je me tourne vers un de mes interlocuteurs, un geste ou une intonation capte mon attention. Il prend les traits d'un désir flou, une forme qui se calque dans l'air, le temps ralentit un peu, les sons se taisent sans que je m'en rende compte.On pourra se demander ce que cet énoncé pourrait avoir d'ennuyant. Après tout, il fait avancer la diégèse en plus de fournir une description de l'état psychologique du personnage. Or ce n'est pas là qu'il faut chercher les marques de l'ennui. En effet, l'ennui dépend absolument d'un contexte dans lequel il pourra s'inscrire et se diffuser. Il entretient avec le contexte une relation symbiotique : il est inadapté, mais n'en est pas moins incongru. L'ennui est entre autres ce qui sonne faux, mais d'une manière qui paraît avant tout imperceptible. On le constate d'abord dans des choix de mots douteux. Sa manifestation première est le malaise, comme un manque de clarté qui rend un discours presque incompréhensible, sans toutefois que l'impression première qui est ressentie soit cette incompréhensibilité. Il infeste l'axe syntagmatique et paradigmatique, et s'inscrit dans l'abus de typographies inconvenantes, comme l'italique. Il peine à se dévoiler subitement.
L'ennui se manifeste aussi dans l’anacoluthe ; j'entends ici la trope, sous une forme directe ou filée. Étendue sur la durée, par exemple, d'un paragraphe, une anacoluthe filée a pour effet sur le lecteur de créer des questionnements comme "Quand en viendra-t-on à l'énoncé préalablement cité?". L'esthétique de l'ennui concerne donc tant la poétique du texte que sa réception. Enfin, l'ennui fait constamment référence à lui-même. Nous en discuterons une prochaine fois, c'est-à-dire sûrement jamais.
2011/10/15
Le gars et le concept (20 février 2011)
Le gars reste dans un 1½.
Il utilise le présent de l'indicatif, parce que ça fait contemporain.
Il est postmoderne comme le passé simple, de mauvais goût comme la cohésion temporelle.
-De mauvais goût-
Il a la chemise grise de son grand-père et fait des mises en contexte.
Quatre paragraphes, écrits chaque jour, pour remettre tout à demain. Dehors les nuages font des spirales déplaisantes. Il rêve à des filles mises en abîmes. Il aime beaucoup les abîmes.
Un jour se divise en quatre fois six heures, ça fait 666-6. C'est diabolique comme Arlette Cousture.
6 heures pour oublier
6 heures pour dormir
6 heures pour exister
6 heures pour en revenir.
Des fois le gars se dit : "Faut que ça soit en latin, le latin, c'est bien. C'est une question atemporelle, ce que je serai demain, c'est bien pour ça, le latin. Ça permet de dire des choses. Ça tranche avec le propos, des songes, du verre brisé, de la mémoire plate. Si vis confutuere, para dextra. C'est calqué, et dextra est peut-être même pas à l'ablatif. C'est faux, mais c'est ça, c'est du remâché, après tout."
C'est du remâché, parce que c'est ça que le gars fait dans son 1½, il se remâche.
Il utilise le présent de l'indicatif, parce que ça fait contemporain.
Il est postmoderne comme le passé simple, de mauvais goût comme la cohésion temporelle.
-De mauvais goût-
Il a la chemise grise de son grand-père et fait des mises en contexte.
Quatre paragraphes, écrits chaque jour, pour remettre tout à demain. Dehors les nuages font des spirales déplaisantes. Il rêve à des filles mises en abîmes. Il aime beaucoup les abîmes.
Un jour se divise en quatre fois six heures, ça fait 666-6. C'est diabolique comme Arlette Cousture.
6 heures pour oublier
6 heures pour dormir
6 heures pour exister
6 heures pour en revenir.
Des fois le gars se dit : "Faut que ça soit en latin, le latin, c'est bien. C'est une question atemporelle, ce que je serai demain, c'est bien pour ça, le latin. Ça permet de dire des choses. Ça tranche avec le propos, des songes, du verre brisé, de la mémoire plate. Si vis confutuere, para dextra. C'est calqué, et dextra est peut-être même pas à l'ablatif. C'est faux, mais c'est ça, c'est du remâché, après tout."
C'est du remâché, parce que c'est ça que le gars fait dans son 1½, il se remâche.
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